Qu'est-ce qu'un trouble du comportement alimentaire et comment le traiter ?

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Introduction

Les TCA sont des comportements alimentaires synonymes de souffrance de plus en plus répandus dans la population. Heureusement qu'il existe des traitements assez efficaces et adaptés à ces problématiques : les TCC (thérapies cognitives et comportementales) -entre autres- !


En 1994, on a estimé que 1 à 4,5% des adolescentes et jeunes femmes souffrent d'accès boulimiques.

Qu'est-ce qu'un TCA ou Trouble du Comportement Alimentaire ? 

Selon l'HAS, les TCA sont des conduites alimentaires différentes de celles habituellement adoptées par des individus placés dans le même environnement nutritionnel et socioculturel, et induisant des troubles somatiques et psychologiques.

Traduction : Lorsque l'on souffre de ce genre de trouble, on mange d'une façon différente des gens de son entourage et cela a des conséquences négatives à la fois sur le corps mais aussi sur nos pensées, émotions, comportements et relations sociales !

En fait, quand on pense TCA, ce qui nous vient en général tout de suite à l'esprit, c'est l'anorexie et la boulimie, mais il en existe d'autres :

  • L'hyperphagie et l'hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder)

  • Les compulsions alimentaires

  • Les grignotages

  • EDNOS (troubles du comportement alimentaires non définis)

  • Pica (objets non comestibles)

Autres manifestations cliniques associées aux TCA :

  • Le surpoids et l'obésité

  • L'orthorexie : manger sainement devient le principal centre d'intérêt de la vie

Certains TCA sont définis comme des "psychopathologies", comme la boulimie, l'anorexie et le syndrome PICA. Mais ce n'est pas le cas des autres TCA.

Petit tour d'horizon

La Boulimie, C’est :

  • l'alternance de crises de boulimie et de mécanismes compensatoires,

  • la consommation d'une grande quantité de nourriture en moins de deux heures,

  • le sentiment de perte de contrôle pendant la crise, celui de ne pouvoir s'arrêter de manger.

Qu’est-ce que l'anorexie mentale ?

  • le refus de maintien d'un poids minimal normal

  • la peur intense de prendre du poids

  • la très grande importance accordée au poids et à la forme du corps dans l'évaluation de la valeur personnelle

  • une grande perturbation de l'image corporelle.

44% des anorexies seraient de caractère restrictif (réduction drastique des quantités de nourriture associée à des activités physiques plus ou moins importantes)

56% des anorexies seraient de type boulimique, c'est à dire comportant des crises de boulimies associées à des vomissements et des prises de purgatifs.

 

L'anorexie touche majoritairement les femmes (9 cas sur 10). 0,5 à 1% des jeunes femmes seraient concernées.

Les populations à risque de développer une anorexie :

  • évoluent souvent dans un environnement valorisant le contrôle du poids (mannequin, danseurs, sports à catégorie de poids) ou

  • souffrent/souffraient d'un pathologie où la maîtrise du poids est valorisé (diabète, dyslipidémie ...).

  • ont souvent été élevées d'une façon stricte et sont perfectionnistes (intellectuels, valeurs familiales ...).

Les conséquences de l'anorexie sont nombreuses. Elle affecte généralement :

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  • la masse musculaire,

  • la densité osseuse,

  • la production des hormones sexuelles,

  • la dentition

  • et même les reins (à cause des vomissements).

Psychologiquement, elle est liée à :

  • une distorsion de l'image du corps,

  • une hyperémotivité et de l'impulsivité,

  • de l'anxiété, de la dépression, des pensées suicidaires, de l'isolement et des difficultés relationnelles.

Suite à l'anorexie, 50% des personnes atteignent une rémission, tandis que 40% gardent des symptômes toute leur vie et 10% risquent le décès des suites de cette pathologie.

Surpoids et obésité, états souvent associés aux troubles du comportement alimentaire.

L'obésité est une conséquence de l'hérédité, d'antécédents personnels et familiaux, mais aussi de la méconnaissance de ce qu'est une alimentation équilibrée et surtout d'une relation hédoniste altérée vis à vis de l'alimentation : Hyperphagie, hyperphagie boulimique, compulsions alimentaires, grignotages sont autant de causes comportementales ! 

C'est à dire qu'on associe plus que de raison l'alimentation à d'autres choses que quelque chose qui nourrit le corps. On parle de schémas cognitifs et comportementaux dysfonctionnels. On peut aussi se méprendre au sujet de notre faim, et manger sans en avoir vraiment besoin.

En France, 15% de la population serait en état d'obésité (contre environ 30% aux états-unis, par exemple). L'obésité se définit par un IMC supérieur à 30kg/m2. Mais la mesure du tour de hanche / tour de taille serait plus pertinent que l'IMC pour évaluer le potentiel pathogène de cet excès de masse grasse.

Le surpoids a de nombreuses répercutions à la fois physiques :

  • diabète de type 2 et pathologies cardiovasculaires, hépatopathies, linéases vésiculaires, maladie rénale, reflux gastro-oesophagiens,

  • problèmes cutanés,

  • cancer, complications ostéo-articulaires,

  • perturbations de la fécondité et de la fertilité, risque d'anomalie congénitale du nourrisson,

  • troubles respiratoires, incontinence urinaire ...

... et psychiques !

  • risque de dépression accru,

  • troubles de l'estime de soi,

  • anxiété,

  • perturbations de la sphère relationnelle,

  • isolement et stigmatisation, discriminations au travail, dans les écoles,

  • culpabilité ...

Cependant, concernant les manifestations psychiques, on ne sait pas toujours qui de la poule ou de l'oeuf était là en premier !

Il faut savoir que la plupart des facteurs du surpoids et de l'obésité échappent à la volonté ! C'est même souvent relié à un excès de contrôle mental.

En fait, en général un excès de contrôle exercé par le dictat des régimes est généralement source de troubles du comportement alimentaire et même de prise de poids. Pour en savoir plus voir la vidéo ci-dessous.


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Comment traiter les troubles du comportement alimentaire ?

Les thérapies cognitives et comportementales sont les principales méthodes. La HAS reconnait d'ailleurs leur efficacité. Elles favorisent la rééducation alimentaire, une meilleure gestion de l'affirmation de soi et de l'anxiété.

D'autres approches ont fait leurs preuves : les thérapies psychodynamiques, familiales et les groupes de parole.

L'objectif des TCC est de mettre en lumière puis insuffler un vent de changement dans les émotions, pensées et comportements à l'aide d'exercices pratiques. Les TCC agissent au travers de différents outils :

  • la pédagogie : qu'est-ce que la fonction naturelle de la nourriture.

  • l'identification de ce qui a conduit à développer le TCA, les émotions et sensations reliées, les fonctions de ces comportements "problèmes", les idées et croyances qui soutiennent les TCA.

  • la gestion des TCA par la mise en oeuvre de stratégies alternatives : modification de la perception des pensées et des comportements, apprentissage de nouveaux comportements et proposition d'interprétations plus réalistes des pensées automatiques, tout ça associé à des outils de gestion du stress.

Cette forme de thérapie associe la pleine conscience, l'acceptation des émotions, le rapport au corps et au poids, la relation thérapeutique, l'affirmation de soi et l'utilisation de supports écrits développés par le G.R.O.S.. Elle valorise l'autonomie du patient et l'attitude d'acceptation, par opposition aux attitudes de lutte avec ce qui nous habite.

Si vous souhaitez débuter un suivi psycho-diététique, n'hésitez pas à me contacter, car je pratique les TCC pour aider les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire. Cette approche s'appelle aussi la psychonutrition.

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